confiversaire

On aimerait bien ne pas se le rappeler, se dire « ouhlala, c’était il y a une éternité ! »… Et pourtant, nous voilà aujourd’hui au bout d’une année plus ou moins enfermée, et qui tourne en rond sans sortie qu’on en dirait presque un sketch de Raymond Devos.

Joyeux confiversaire, donc…

Cela dit, ce fut essentiellement une année pleine de de « j’ai failli », aussi.

Par exemple, il y a un an, avec le bureau, nous avons failli partir en tournée dans les belles Philharmonies allemandes. Et au cours de cette année, par deux fois, j’aurai pris dans ma face et dans mon enthousiasme l’annulation d’un beau projet très cher à mon cœur (un concert en quatuor à cordes, toujours le même, dans le même chouette cadre, à chaque fois annulé proche de son échéance, et donc bien bûché pour les prunes en amont). Même que là, j’ai failli m’énerver…

J’ai failli ne pas prendre de poids, aussi : beaucoup de sport pendant la confinure, et un bon maintien pendant deux mois, et ensuite, ça a été le drame : quelqu’un a rétréci toutes mes culottes.

J’ai failli ne pas perdre confiance en ceux qui nous gouvernent (haha, je blague, quelle rigolote je suis : comment perdre ce qu’on n’a jamais eu ?).

J’ai failli espérer sortir de cette période sans perdre de plumes sociales, mais il faut se rendre à l’évidence : il y a deux mois, je me suis mise à angoisser ferme à l’idée de passer un long weekend avec des copains. Je gamberge en rond dans ma tête, mon horizon s’est rétréci. Au final, quand reviendra la vague vraie vie, il faudra défaire plein de mauvaises habitudes de mémère de deux fois mon âge, je me réjouis ! (not).

J’ai failli réécrire un peu ici et puis finalement non, je ne sais pas, je ne sais plus, je me suis perdue. Il faut dire que j’ai passé pas mal de temps à raturer des mots pour les autres. Des compte-rendus de réunions exceptionnelles du bureau, des tristes messages d’annulation adressés au public des Clefs de Saint-Pierre… décidément, je n’enjoye plus le silence.

J’ai failli décider de rester à Venise l’été dernier tant le vide anormal y prenait tout son sens romantico-poétique. Tant qu’à changer de réalité…

J’ai failli ne pas m’habituer à jouer face à une salle vide. Jamais je ne m’en satisferai complètement, il ne faut pas, mais cette youtubesque solution qui nous permet de jouer et de continuer à partager la musique au bureau, toute bancale et déshumanisée soit elle, me sauve la mise : je garde une raison d’entretenir la forme de Marcel, et il me rend tous mes efforts avec générosité. Et savoir qu’on continue malgré tout à offrir de la joie musicale me porte beaucoup.

Bref, pour conclure parce qu’on ne va pas y passer la nuit : de toute façon, un an c’est interminable dans ces conditions d’incertitude permanente, et on trouve tous le temps long, maintenant… Je crois que quand – enfin ! – on pourra respirer, on pourra déclarer sans hésiter qu’on a failli attendre.

2 commentaires sur « confiversaire »

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