Du domaine de l’Odieux

« Broum broum, avec ma grosse voiture qui coûte cher (mais que j’ai fait acheter par ma boîte, parce que payer une voiture, c’est pour les blaireaux !), je fais des excès de vitesse. Dès que c’est possible, sur 10 mètres s’il le faut, mais il faut bien que j’exprime ma domination sur le monde. C’est pas grave si je beugne un chevreuil : il y en a trop, c’est de la saloperie ces trucs-là. Et puis il faut bien que j’impressionne les deux nanas que ma femme a invitées pour la semaine. Je ne sais pas pourquoi je lui ai dit oui, parce que ça me saoule carrément de les avoir sur le dos… pas grave, ça me fera du public en plus quand j’étalerai mes prouesses de grand entrepreneur en buvant trop le soir à l’apéro. Bon, il y en a bien une qui a l’air de ne pas être très docile, mais c’est pas grave, je vais te la moucher vite fait bien fait, comme je fais avec ma femme (un bon « ta gueule, fais pas chier ! » bien aboyé fait toujours son petit effet, surtout mis en scène avec un claquage de porte et une bouderie adolescente MAIS virile. Surtout, rester viril, pas comme toutes ces tapettes gauchistes qu’on voit partout maintenant). Faut bien qu’elle sente qu’ici, le chef de la meute, c’est moi. Moi moi moi.

Alors, quand même, de temps en temps, je suis drôle. C’est pas toujours subtil, mais ça fait mouche, qu’est ce que je suis fort, quand même… ça c’est parce que me suis hissé là où je suis à la force du poignet. C’est moi le patron, et faut que ça se voie. Du coup, je suis impitoyable : en gros, tout est de la merde, et je suis le seul à savoir bien faire, qu’on se le dise. T’es pas d’accord ? T’es un naze. Tu fais mal ? T’es viré. J’ai de la « valeur travail » plein la bouche, pas comme ces sales feignants de la fonction publique qui vivent au crochet du fric que JE leur donne (je paye beaucoup d’impôts, beaucoup… heureusement, je pratique l’évasion optimisation fiscale comme un chef !). Je sens bien que ce discours crispe les invitées, mais je m’en fous : je suis chez moi et de toute façon, j’ai raison. Le chef de la meute, j’te dis… » [etc etc etc]

Tu soupires d’horreur tout en riant face à la caricature que je te brosse ? Tu as raison. Mais dis-toi que ça pourrait être bien pire, et que tu aurais pu être obligé•e de côtoyer le machin pendant une semaine… Le point positif, c’est qu’après avoir subi ça, on est hyper contente de rentrer chez soi !

(promis, je reviendrai rapidou parler de jolies choses de l’été, mais t’as vu ? Je suis restée polie 😄 )

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