Radio Nostalgie

« Bon sang, mais qu’est ce qui te prend de nous balancer du Dalida, là, comme ça, sans tambour ni trompette ou autre avertissement préalable ? » t’entends-je t’écrier au fin fond de ton internet. Tapez sur Funambuline (mais pas trop fort), c’est elle qui a évoqué sur un réseau une chanson qui, systématiquement, lui faisait avoir une pensée pour son papa. Et forcément, ça m’a fait penser au mien.

Qui était bien loin d’être branché chanson. Élevé par sa grand-mère dans les années 50 au son de RTL et donc à grands renforts d’opérettes ringardes (je vous épargne « On a l’béguin pour la couleur de mes chaussettes » ? Non, allez), il avait fini par développer un certain rejet pour les trucs qui passaient à la radio. Bon, il avait bien quelques tendresses pour des stars yéyé, sûrement dues à des souvenirs avec les copains. Mais ses années d’étudiant parisien l’avaient plus amené du côté du jazz et du classique qu’en direction des Beatles et du rock. Et avec le temps, le classique seul était resté dans son quotidien. Baryton de chœur amateur durant toute sa vie, il était devenu un grand fredonneur de salle de bain à l’heure du rasage  en écoutant Radio Classique (ce qui lui a valu d’ailleurs moultes engueulades de ma part, parce que le service public c’est plus difficile, mais c’est bien plus beau que la radio à l’eau).

À l’approche de mon tout premier Noël sans lui, je cherche plus que jamais les beaux moments et les éclats de rire dans la grande valise des souvenirs de famille. Non pas pour oublier ce personnage pas toujours facile à vivre qu’il était devenu (principalement à cause cette p*** de maladie dont personne chez nous n’avait su cerner l’ampleur), non, il n’est pas question de faire l’autruche. Mais il est décidément bien doux de glousser en repensant à ses capacités à faire l’andouille. Et un de ses meilleurs numéros de clown en chanson, c’était d’imiter Dalida dans cette reprise totalement wap do wap – il faisait les chœurs en même temps – de la Lettre à Élise. Tout y était, l’accent et ses roulements de r, le timbre… et surtout, l’association incongrue entre la star à paillettes et lui, le Professeur Tournesol. Il m’aura fallu des années avant d’entendre la vraie version, ce qui a du coup provoqué chez moi une nouvelle crise d’hilarité.

Alors voilà, dans ma radio nostalgie à moi du moment, j’ai choisir de programmer de la bêtise, de la légèreté, du champagne et des plumes de music hall, parce que j’ai décidé que le sourire qui vient de l’intérieur était la chose qui tenait le plus efficacement chaud à l’âme en hiver.

C’est tout pour aujourd’hui, vous pouvez changer de station 😊

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