Dernière prophétie avant l’autoroute

Aujourd’hui, c’est la dernière du Prophète de Meyerbeer et j’ai plein de mauvaises bonnes raisons de m’en réjouir (mais j’ai promis de ne pas parler du chef, sinon ça va me mettre en boule).

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Je ne veux plus aller jouer avec les copains, je préfère mourir
(image signée Laure Fauvel & Alice Lemarin)

La première étant que malgré toute ma bonne volonté je n’ai pas réussi à apprécier cette musique : trop de marches militaires, trop de pompier pompeux, trop de modulations aussi improbables que la perpective de la reconstruction de la gauche, et le ballet, la musique du ballet, ouh… je persiste à penser que cette partition est écrite avec les pieds. Et quatre heures de spectacle musicalement pédestre, c’est long et lourd pour les muscles des bras et du dos. Car même si Marcel est svelte, il finit par peser une tonne. Surtout quand on s’épuise non-stop à comprendre les gestes d’un chef qui dirige en sanscrit… (ah zut, j’avais dit, que je n’en parlais pas !)

« Mais alors fais un effort, raccroche-toi au texte, pour une fois que c’est en français ? », te dis-tu. Oui, je peux même te résumer l’action à l’aide des bribes qui me parviennent quand le niveau sonore ambiant me permet de grappiller quelques mots :

– Ah, ma mère adorée !
– Mon fis, sois béni !
– Ma mère, adieu (cri de mouchoir)
– Mon fils 💔
– Oh, ça alors, mais c’est mon fils !
– Ma mère, tu n’es pas ma mère
– Mon fils, je te maudis
– Ma mère, ma chérie
– Mon fils, sois pardonné ❤️
– On s’en fout, on va tous mourir

Quant au chœur d’enfants qui chante pendant la scène du sacre à l’église

Le voilà le roi prophète,
Le voilà le fils de Dieu!
A genoux, courbez la tête,
A genoux, courbez la tête,
Devant son sceptre de feu.

je n’y peux rien – j’ai l’esprit #gravelax – il me rappelle une histoire d’enfant de chœur avec la raie au milieu et de curé qui demande en lui caressant la tête de ne rien répéter à ses parents. Donc je glousse, et c’est mal, surtout quand la représentation est filmée.

Mais ne te laisse pas influencer par mon abominable mauvaise foi, allez ! Ce texte, à la base, c’est du Voltaire, c’est même tiré d’une histoire vraie, et l’intrigue – un peu alambiquée, certes – ne se limite pas à des problèmes de complexe d’Œdipe mal réglé. Tiens, lis-en au passage un peu plus sur cet opéra au lieu de te gaver de mes âneries.

Et puis la production est apparemment grandiose et elle vaut le détour, ne serait-ce que pour les chanteurs qui la servent avec brio. Je me réjouis à chaque fois de l’énorme succès remporté auprès du public par le plateau : j’adore entendre hurler des « bravo » hystériques dignes d’un concert des Beatles, c’est le signe d’une mission accomplie, celle d’apporter de la joie et du plaisir, et ça, ma bonne dame, c’est bon pour le moral, non ?

PS : En plus, à la fin, les choristes sont transformés en zombies verts, c’est quasiment The Walking Dead saison 8 en exclusivité !

2 thoughts on “Dernière prophétie avant l’autoroute

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