Les dieux du stade anal

De manière générale, et au bureau en particulier, je préfère tenter de me laisser séduire par la nouveauté, de pointer ses points positifs avant d’en penser quelque chose, et au moins de dire « je n’aime pas » plutôt que de balancer un laconique « c’est de la m*rde » (oui, celle-là 💩 ).

Hélas, il est certaines situations dans lesquelles modérer sa capacité au jugement parfois hâtif devient vraiment compliqué… Depuis dix jours on m’a collé devant le museau une partition de musique contemporaine avec laquelle je vais encore devoir cohabiter pendant une grosse semaine. La chose en question me laisse perplexe, démunie même (pourquoi tant de complexité injouable, pourquoi tant de travail acharné à fournir alors que l’effet recherché est souvent bordélique ?), voire frigorifique, voire pire. Car pire est toujours possible.

Pire, c’est le moment où tu découvres, par bribes d’abord chantées par le chef, puis par le perroquet (oui, il y a une bande son avec un perroquet), puis par les chanteurs sur le plateau au dessus de ta tête déjà farcie de trop d’informations le texte de cet opéra. Alors, le propos général semble être un grand fatras shooté au LSD ou que sais-je, l’action est donc impossible à résumer (si ça te tente, tu peux te plonger dans la pièce qui a inspiré cet opéra). En revanche, il est une chose dans toute cette avalanche de mots gratuitement vulgaires à laquelle il semble difficile d’échapper – et je me demande bien quelle sera la réaction du public – c’est le caca. Sur scène, les chanteurs ont en permanence des chiottes, de la merde et du chier plein la bouche et tu sais quoi ?

Je n’aime pas (tu vois que je fais des efforts).

La provocation organique déguisée en grosse farce mais traitée au final avec grand sérieux parce que c’est de l’art, ça me gonfle profondément. Pourtant, je suis capable de rire bien fort du même sujet, hein, la preuve avec le groupe au nom le plus poétique de tous les temps.

Mais là, la fosse est pleine, c’est l’overdose. En bref : sortez-moi de là, je n’en peux plus, je veux retrouver mon plaisir de travailler, de provoquer de tendres et tristes émotions, de m’éclater avec mes si talentueux collègues en jouant de la belle musique sans risquer de balafrer Marcel en tapant sur ses cordes avec l’archet. Et qu’on ne me parle plus de merde ! Rendez-moi mon bureau, le vrai, ouin !

Edit : on me dit dans l’oreillette que le spectacle est super et mérite le détour. En gros, j’ai bien fait de dire « je n’aime pas »…

2 commentaires sur « Les dieux du stade anal »

Un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.