Un peu de vœu doux

Voilà, 5 ans et un jour tout pile après son véritable début est venu le moment de dire au revoir pour de bon fin à un quinquennat dont l’effondrement a été amorcé depuis quelques temps déjà (toute ressemblance de ressenti avec une autre chose du même nom serait purement fortuite). Je pense que ce moment mérite une cérémonie symbolique, un genre de vaudou doux, dont le mode d’emploi est assez simple.

Il faut prendre une boîte, ni trop jolie ni trop laide, ni encombrante ni insignifiante. On y empile avec respect – et sans tristesses, regrets ni rancœurs – les souvenirs, les bons comme les mauvais. On ne les classe pas, on n’en oublie aucun, et on admet que leur place est là, dans un coin, emballés dans la soie de la distance. On n’essaye plus d’analyser, de tout comprendre, on accepte que le passé n’est plus, puis on se réjouit que l’avenir soit comme son nom l’indique : à venir. On apprend beaucoup, on remercie aussi, on pardonne, surtout. Et on souhaite de tout cœur et de toute âme de la joie et de l’épanouissement. Une dernière larme est recommandée aux plus sensibles pour évacuer le trop plein d’émotions.

Puis on referme la boîte, on souffle une dernière tendresse dessus pour la sceller, on la pose sur le flux du temps, et on la laisse partir et vivre sa vie.