Le génie des alpages

Commençons d’abord par jouer un peu, grâce à la petite devinette que voici voilà : mais bon sang, qu’est-ce donc que ceci ???

AlpestreStorm.gif

a – le sèche-linge de tonton Gustave est encore en panne, et avec ses copains il tente une nouvelle méthode écolo (mais en queue de pie) pour gérer la lessive

b – on a trouvé des puces dans les paillassons du Hilton

c – l’atelier peinture des patients atteints de la maladie de Parkinson (je sais, c’est méchant et il ne faut pas se moquer mais je suis méchante, et malpolie de surcroit)

d – la réponse d

e – les percussionnistes du Wiener Philharmoniker qui se battent avec l’orage de l’Alpensinfonie de Richard Strauss* (même que rien qu’à cause de ça, à mon avis, ça vaut le coup de venir nous voir rendre notre public sourd demain soir à la Halle aux Grains) (ben oui, tu crois quoi, je viens écrire ici juste parce que j’ai un concert à vendre !).

Car la Symphonie Alpestre de Richard Strauss, ce n’est pas qu’une avalanche de notes en furie écrite pour des musiciens masochistes qui ont au moins 25 doigts par main, non non non (on sentirait comme un léger stress ?). C’est plutôt un genre de superproduction hollywoodienne en cinémascope. Je m’explique : cet énorme poème symphonique est si descriptif et précis dans ses images qu’en un coup de cloche de vache/biquette (rayer la mention inutile), tu te retrouves au pays de Candy Heidi. Le voyage dure presque une heure et dépeint une journée complète, du lever au coucher du soleil. Et, un peu comme dans un (trop) gros tableau de Kaspar David Friedrich, tu peux t’y voir traverser la forêt en tremblant de froid dans l’ombre, écouter les pious-pious, ramasser des fleurs, trébucher, te paumer dans le maquis, contempler des bestiaux qui broutent, admirer les glaciers, rêvasser sur les sommets et t’extasier avec emphase. Et puis, bien évidemment, avant la fin de la journée, tu te prends une bonne radée sur la tronche avant de rentrer chez toi t’écrouler comme une bouse parce que tu t’es pris un sacré coup d’Alpes sur le museau.

Donc voilà, c’est massif, c’est too much quand ça dégouline ou quand ça triomphe, oui, d’accord, mais bon sang quel régal ! C’est un peu comme s’enfiler un pot entier de vraie crème glacée bien grassouillette : faudrait pas, mais c’est tellement bon ! Et je reste à chaque fois hypnotisée par la manière géniale dont Strauss représente la nuit en une dissonance ultime et pourtant si simple : il empile progressivement toutes les notes de la gamme descendante les unes sous les autres. On peut l’entendre au tout début et à la fin. Je te laisse l’œuvre en entier là-dessous pour t’inviter à chausser tes croquenots et à coller un sac avec un pique-nique sur ton dos.

Bernard Haitink et le Phiharmonique de Vienne au Royal Albert Hall pour les Prom’s, wow (prononcer ce wow avec la voix d’Owen Wilson)

*  dans la vidéo, l’orage commence vers 37′ et les percus font carrément le show !

3 thoughts on “Le génie des alpages

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