Un été 1997

J’ai fait mes débuts au bureau pour le concert du 1er janvier 1998, fichtre bougre que ça nous rajeunit pas !

Avant ça, pendant la fin de mes études à Lyon et à Utrecht (en Batavia), j’ai eu l’immense chance d’apprendre le métier de musicienne d’orchestre dans des formations éphémères. Formations pour lesquelles on recrute chaque année sur audition dans toute l’Europe des plus ou moins petits jeunes, car on cesse d’être jeune à 27 ans, à peu près, c’est la limite d’âge pour postuler. L’idée de ces orchestres (pour moi ce fut d’abord l’EUYO, puis le GMJO) c’est de former des pitchounes pendant les vacances d’été et/ou de Pâques en les faisant d’abord bosser comme plus que des pros environ deux semaines avec des chefs d’orchestre reconnus, et après, hop, c’est parti pour une tournée dans les plus belles salles du monde. En gros, c’est de la colonie de vacances luxueuse, polyglotte, intense, studieuse, incroyablement enrichissante et… well, assez festive et destructrice pour le foie aussi mais passons sur ces sombres heures d’intense initiation à la fêtarderie musicale, je n’aimerais pas visualiser ce que j’ai pu descendre pendant ces 6 ou 8 tournées…

J’ai donc grâce à ces formations croisé sur ma route de jeune apprentie Jedi – en vrac et j’en oublie – tout d’abord mon gourou mon prof en Batavia, et puis des petits gars comme Haitink, Fisher, Sanderling (Kurt), Giulini, Jabba The Hut Rostropovitch, et pour ma dernière tournée de ce genre avant mon entrée dans la vraie vie professionnelle, durant l’été 1997, Pierre Boulez.

De lui je me rappellerai toujours un premier abord pas bien rigolo, ma réaction effrayée fut même filmée et diffusée sur l’écran géant du parc de la Villette avant le concert cet été-là, j’espère d’ailleurs que ce témoignage pas très optimiste s’est égaré pour toujours ! Tel un écureuil méticuleux, le monsieur épluchait et décortiquait la musique d’une manière intelligente et mathématique mais pas très sentimentale, du coup je craignais le pire… Puis il y eut la semaine de travail, la tournée et à chaque concert son lot de surprises et d’émotions : les failles de l’homme se faisaient de plus en plus visibles, émouvantes, et plus ça allait, plus je capturais ses regards chaleureux. En fait, Boulez, je crois que je l’aimais un peu comme on tombe amoureuse de son prof de philo…

Du coup, j’ai farfouillé dans mes photos, et j’en ai retrouvé, des beaux souvenirs ! La première, qui est toute pourrie, a été prise le 10 aout 1997 sur la scène du théâtre d’Edimbourg que je reconnais à ses « exit » verts. L’autre après le dernier concert de la tournée avec lui à Bolzano le 18.

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