Comment te dire adieu ?

Si on m’avait dit un jour que je deviendrais nostalgique à l’idée d’achever une production d’opéra de Verdi…

Franchement, « on » se serait fait rire au nez, en se prenant dans le museau que je ne vois pas un instant de quoi regretter ces mélodies gluantes composées pour des chanteurs de salle de bain (oui, on dirait que j’ai trop hurlé de rire devant les scènes d’opéra de To Rome With Love…). Des musiques mal orchestrées, en plus – j’aimerais oublier pour toujours l’épreuve fatale du passage moche et mal pavé confié au deuxième pupitre de seconds violons à la dernière page après 2h30 d’extreme ploum-plouming* lyrico-soporifique, qu’il soit maudit à jamais. Et pauvrement harmonisées de surcroit : réalise que les fameux chœurs de Verdi dont tout le monde se gargarise ne sont en fait qu’une armée de mecs/nanas braillant sous la douche sur scène à l’unisson . Ou à la tierce quand c’est Noël. Et à la sixte les années bissextiles. Car, tu l’auras compris à mon jugement subtil et nuancé : Verdi, c’est pas mon dada.

Or là, c’est un peu différent, je me retrouve face à une des rares fois de ma vie où j’ai apprécié à peu près tout de mes trois semaines en compagnie de l’œuvre de Giuseppe : les airs, le rythme dans l’action du livret, la folle énergie dévastatrice et enthousiaste du chef, la qualité des voix des interprètes sur le plateau, l’ambiance de travail, les sublimes solos des copains de l’harmonie, le très bon niveau des représentations et l’accueil délirant du public toulousain, tout a été une grande source de plaisir. Ce chouette Rigoletto dont nous donnons la dernière représentation tout à l’heure me manquera fort, et je m’en sentirai à coup sûr un peu orpheline… [insérer ici une larmichette]

Du coup, quoi de mieux pour garder ma joie intacte et éviter de tomber dans le sentimentalisme dégoulinant qu’un petit film d’horreur, hein ? Son titre romantique m’avait tiré l’oeil, ses clichés détournés et son cadre délicat seront la douce mimine qui caresse mon cynisme dans le sens du poil tout en me faisant économiser des mouchoirs. Alors, rouge ou bleu ?

Arrêt Pipi

* bientôt discipline olympique

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