L’Île à Maurice

Ravel

Sur l’Île à Maurice on fait rarement dodo (ris donc, je suis très fière de ma blague, merci). Mais bon sang qu’on y est bien ! Les habitants ont le rythme dans la peau, aiment y fredonner des rengaines enfantines à la fraîcheur juvénile revigorante. Et puis surtout ils font toujours l’effort d’un sourire, même lorsqu’ils sont nostalgiques, et ça c’est pas juste poli mais réellement réconfortant. Demain soir, en plus, on nous promet une valse espagnole sur une main (ça m’a l’air tordu comme exercice, je commence à penser que ça va être du sport…). Mais je suis ravie ravie ravie, et tu sais pourquoi ? Parce qu’en plus Maurice – que j’aime d’amour – a invité Henri. Et, à mon avis, quand on met deux rois de la palette sonore ensemble sur la même île, ça peut sentir très bon le feu d’artifice.

Alors oui, pour Henri, il faut préparer un peu ses oreilles. Mais même moi – qui suis la plus ringarde des ringardes en matière de musique du XXème siècle – il m’a toujours touchée par sa poésie. Ce qui est étrange, c’est que je n’ai jamais su décrire mes sensations vis à vis de ses pièces autrement qu’à coup de termes picturaux, d’ombres puissantes et d’éclats scintillants. Je crois que j’ai toujours vu Dutilleux comme une étoile, un homme de lumière, un créateur d’images.

Pas mal de mes collègues m’ont avoué ne pas accrocher aux Métaboles autant qu’au reste de son œuvre, alors que moi je leur garde une tendresse particulière (nous avons en effet enregistré cette pièce ainsi que sa Symphonie n°2 et Shadow of Time en 2001)(ouh, ça date !). Entre autres parce qu’à chaque fois que le deuxième mouvement commence (à 3’19), mes poils se dressent d’émotions et de frissons, va comprendre… le coup du solo de violoncelle, sans doute… Allez, clique, tu vas en voir de toutes les couleurs.

Henri Dutilleux – Métaboles

7 commentaires sur « L’Île à Maurice »

    1. Oui ! C’était typiquement le genre de concert qui te fait complètement oublier le côté « sacerdoce » du truc (parce que bon, c’est pas exaltant tous les jours non plus, mais ça c’est normal :-)). Je suis complètement accro à ces sensations-là, j’avoue : mon métier, c’est ma drogue.

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      1. Je vaux pas une cahouète en musique. J’ai pas d’oreille. Même le triangle serait capable de pas être tout à fait isocèle entre mes battoirs

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        1. Quand je songe à tout ce que ce type savait faire, un excellent acteur, un être cultivé, un polyglotte et il meurt. Et merdre comme dirait le père Ubu

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