Les liaisons dangereuses du dimanche

LA SAPIENZA

Oui, ça m’apprendra Ă  ĂȘtre inculte et Ă  ne pas savoir qui est EugĂšne Green, artiste connu pour ses choix esthĂ©tiques sans concessions et son langage particuliĂšrement littĂ©raire. Du coup, crois-moi, ĂȘtre kidnappĂ©e par surprise par un grand Ă©cran sur lequel les acteurs se donnent la rĂ©plique – en gros plan bien centrĂ© – avec une extrĂȘme lenteur, sans la moindre once de naturel (mĂȘme que du mauvais thĂ©Ăątre contemporain, Ă  cĂŽtĂ©, c’est rafraĂźchissant) peut provoquer des Ă©clats de rire totalement incongrus.

Oui, parce qu’aprĂšs avoir trĂšs sĂ©rieusement songĂ© Ă  fuir aprĂšs 5 minutes de La sapienza tellement cette caricature de sketch des Inconnus Ă©tait Ă©norme, j’ai finalement dĂ©cidĂ© de rester. Pour les images de Stresa, Turin et Rome, et malgrĂ© le cĂŽtĂ© documentaire parfois chiant du rĂ©cit de la vie de l’architecte Borromini (tout ça pour parler de baroque, en plus, tss…). Et parce que normalement je ne crache pas sur le cinĂ©ma qu’on qualifie d’intellectuel avec un poil de mĂ©pris dans la bouche.

Mais voilĂ , dĂšs le premier dialogue j’ai Ă©tĂ© saisie par une petite musique inattendue et inhabituelle, des consonnes oubliĂ©es qui soudain faisaient leur rĂ©apparition (mais au moins, sans fautes d’orthographe). Des liaisons partout, de « ton discours z-Ă©tait trĂšs bien » Ă  « il est mort t-en la jouant ». J’ai cherchĂ© une raison, j’ai mĂȘme essayĂ© de m’en faire une, me trouvant trop sotte pour saisir cette subtilitĂ© cosmĂ©tique du langage, mais rien n’y a fait : j’ai gloussĂ©, parfois trĂšs fort, pendant tout le film. Heureusement, car le rire m’a sauvĂ©e de l’ennui mortel.

Tu ne me crois pas, tu penses que j’exagĂšre de partout et tu veux un exemple pour juger par toi-mĂȘme ? Tu l’auras voulu.

Depuis, j’ai jetĂ© un oeil – fais-le aussi, tu ne seras pas déçu(e) – sur un autre bout de pellicule du mĂȘme auteur. J’ai beau savoir que c’est un tic choix, j’ai quand mĂȘme vraiment du mal Ă  garder mon sĂ©rieux. Je crois mĂȘme que c’Ă©tait moins difficile de le faire pendant la scĂšne de « masturbation aux phoques » au dĂ©but de Jauja, c’est dire.

Rendez-moi Le ventre de l’architecte

5 commentaires sur « Les liaisons dangereuses du dimanche »

  1. EugĂšne m’Ă©clate total
    Il faudrait que tu chopes Le pont des arts parcequ’il n’aime pas que les liaisons il apprĂ©cie aussi beaucoup la musique 🙂
    Mais bravo pour ta curiosité !

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    1. En musique ses goĂ»ts me paraissent plus Ă©vidents (choisir l’interprĂ©tation de mon Alessandrini adorĂ© pour du Monteverdi en ouverture d’un film en est la preuve ;-)). Mais quand mĂȘme, je crains de m’arrĂȘter lĂ  : j’ai tout donnĂ© 😀

      Aimé par 1 personne

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