Opératé

[achtung achtung, alerte racontage de vie !]

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Voilà bien longtemps que je n’avais pas vécu cette situation déplaisante au possible :

investir beaucoup de travail personnel – et donc d’émotion – dans un opéra (et quel opéra !) pendant un mois entier, et en retirer aussi peu de plaisir. Cette production de Tristan et Isolde de Wagner – dont, en plus, j’ai dû rater deux représentations pour cause de santé chancelante – me laisse dans le cœur un sale goût de frustration et d’incompréhension : comment ai-je réussi à passer à côté d’une œuvre aussi mythique et sublime ? Pourquoi un rapport engagement/satisfaction personnelle aussi minable ? J’ai pourtant refusé de blâmer les éléments de l’environnement qui me dérangeaient (le compromis, c’est la vie), je me suis convaincue que ma préparation à moi serait un bon ciment, j’ai tout fait pour me concentrer à la fois sur Marcel et sur une écoute de la globalité de l’orchestre; et surtout sur l’essentiel, à savoir la musique, extraordinaire, tellement extraordinaire… et rien n’y a fait.

Par deux fois seulement j’ai entrevu ce que je considère comme mon état normal en concert, à savoir un sourire intérieur, un pan d’extase, un sentiment d’enrichissement émotionnel voire affectif indispensable (car oui, un seul bien-être vous manque et tout est déprimé). Et sinon rien, pas d’espoir, et surtout une opinion sur mes performances sans appel [insérer ici trois ou quinze émoji en forme de petit caca ] et un moral qui sent à peu près aussi bon que les petites cochonneries ci-dessus. Et au final une peur panique que mon feu se soit éteint, alors que je travaille constamment à souffler sur ses braises.

Bref.

Devine donc qui attend avec impatience de partir mardi en tournée au Japon avec le patron pour noyer cette vilaine crise existentielle et musicale ?

6 commentaires sur « Opératé »

  1. S’il te plaît, crie quelques suraigüs KAWAI! pour moi là-bas.
    Et bon Wagner en fait c’est très surfait tu sais: trop de pathos, trop de musiciens, si si je t’assure c’est pas la peine de t’investir autant, laisse Marcel se débrouiller avec ses potes. Sinon les braises tu sais comment c’est: ça ne demande qu’à se réenflammer mais tu sais jamais quand.

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