It Follows : Fuis-le, il te suit

Comme It Follows, de David Robert Mitchell, c’est avant tout le plaisir et l’angoisse de l’incertitude pendant un bon tiers de l’histoire, ne compte pas sur moi pour t’en balancer le moindre résumé. J’en profite d’ailleurs pour crier haut et fort aux designers d’affiches de film qu’ils doivent arrêter avec cette manie de citer les critiques et d’encenser en gras et gros directement sur le poster. Si il est bien fichu, il donne envie sans qu’on éprouve le besoin de crier FANTASTIQUE, ÉBOURIFFANT ou MERVEILLIFIEUX dessus. En plus, moi qui suis plutôt contrariante, il me suffit de voir INCONTOURNABLE ou À VOIR ABSOLUMENT pour partir en courant. Dans le cas de It Follows, comme le cinéma dit d’horreur ne m’attire pas spécialement, il a vraiment fallu que je prenne sur moi. Mais il faut dire que la bande-annonce m’avait intriguée malgré ses gros titres à la c… noix.

Et donc, quoi qu’on trouve dans ces 100 minutes d’angoisse plus que d’horreur ?

Scooby-doo

Pour commencer, une once de Scoubidou : le film est tourné dans cette ville pleine de fantômes qu’est Detroit, le décor est souvent en ruine, abandonné, la banlieue n’y est pas rose et plutôt morose. Nos petits copains sont bien branchés « vintage », c’est plein de napperons, de moquettes moches et de tubes cathodiques, et ils sont toujours en bagnole. Ils sont jeunes et bêtes naïfs (heureusement, ils n’ont pas de grand chien couillon), on a souvent envie de leur crier que non, tu ne pars pas tout(e) seul(e), tu n’entends pas la musique, bon sang ?? Bref, un petit côté classique cliché désuet, pas déplaisant.

planete-interdite-a05

Ensuite quelques grammes de Planète interdite : on comprend assez mal la nature de ce « It » qui représente le danger, entre autres parce que tout le monde ne peut pas le voir, et de toute façon il prend plusieurs visages (de zombie)(branchouille, je vous dis). C’est son côté implacable, inexorable qui rend l’atmosphère très très oppressante. Et la musique aussi : obsessive, électronique (mais moins chiante expérimentale que dans le film avec Robbie le robot).

UnderTheSkin Et last but not least, une bonne rasade de Under The Skin parce que comme dans cet autre genre de film de vampire, c’est par le rapport charnel que le mal arrive, sauf que cette fois les héros ne sont pas des prédateurs. Ils tentent juste d’échapper tant bien que mal à une chose terrifiante qu’on se refile comme une vilaine MST. Dans cette histoire, le sexe, c’est pas un cadeau (déjà que l’ambiance était glauque !). Bon sang, mais que va t-on devenir si même au cinéma on ne peut plus faire des galipettes de manière insouciante, ma bonne dame ?

En bref, j’espère que tu n’as absolument rien compris, mais que tu es intrigué et que tu n’y tiens plus. Sur l’échelle du bouh-fais-moi-peur, on est à un niveau « Shining – 1,5 », donc c’est visuellement très supportable. En revanche, si comme moi tu es du genre paranoïaque et facilement plombable, je recommande plutôt ce film de zompires pour une séance en journée.

2 commentaires sur « It Follows : Fuis-le, il te suit »

  1. Ouais ben moi la moindre pression psychologique cinématographique avec musique (surtout avec musique) m’explose le trouillomètre, bien plus que les carnages dégoulinants avec tronçonneuse, kalachnikov ou pic à glace, alors tant pis pour it, j’irai pas! Merci quand-même pour ton article, très pro, si-si, bravo.

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