Ploum-ploum pudding

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous allons cuisiner ensemble. Je m’en vais te révéler une recette spécialement formulée pour obtenir un plat italien médiocre, un truc bêtement alimentaire pas désagréable, mais qui manque autant de sel que d’épices, bref :

Préparons de concert (haha) un pâle opéra de Verdi.

Pour cela il nous faut des thèmes faciles, que l’on accompagnera de préférence à l’octave, histoire d’assurer un maximum de pauvreté harmonique et d’économiser des répétitions aux choristes (ben oui, tout le monde chante la même chose, et comme ça on n’en parle plus). Dans les moments les plus émouvants, on pourra se risquer à une petite tierce, voire à une sixte, mais bon, rappelons que l’idée est de faire fade donc n’en rajoutons pas trop.

Pour occuper l’orchestre sans trop mobiliser ses neurones, ne prévoir les mélodies qu’à quelques instruments. Par exemple à la clarinette (mais trois fois la même chose), on octroiera aussi deux jolies mesures à la flûte pour ne pas la fâcher. Et surtout on gâtera les premiers violons parce qu’ils ont l’habitude de dégouliner, et les violoncelles parce que quand même c’est beau.

Réserver au chaud.

Ensuite il faut choisir une intrigue allégée qui pourrait tenir en une phrase, mais à haute teneur en cruel dilemme. Ne pas oublier d’y glisser un personnage féminin, vertueux et amoureux, cela limitera son rôle. Parsemer ça et là quelques éclats guerriers histoire de rappeler que la vie n’est après tout qu’une histoire d’hommes et de trompettes, le reste étant totalement superflu.

Et pour finir, c’est simple et c’est là qu’est tout le secret : mélanger le tout avec des ploums. Entre – répéter chaque formule magique deux fois – mmm ploum-ploum, nnn tsa-tsa-tsa, han tagadagada pam pam, mm pla mm pla et rnn tacatantan, il y a l’embarras du choix.

Il ne reste plus qu’à remplir 60 pages avec, et c’est prêt !

Bon appétit !

(il faut déclencher le son)

Que les choses soient claires, il ne s’agit ici nullement d’un jugement de valeur sur la qualité du spectacle en cours, parce que qu’on se le dise : la distribution sur scène est de toute première classe, et je n’ai absolument pas honte d’accompagner des chanteurs aussi brillants. Mais j’ai déjà, à la base, un gros problème d’allergie à léger souci avec Verdi qui n’est pas ma tasse de thé favorite (alors que les pléonasmes, j’adore). Et là… ben il se trouve que je crois comprendre assez bien pourquoi cet opéra n’est pas son œuvre la plus jouée. Cet avis n’engage que moi, mais je dirais qu’on se trouve bien là face à un saucisson écrit avec les pieds.

Après, le public de la première hier soir était fou de joie, ce qui est l’essentiel. Donc je remballe mes grognements anti-verdiens primaires et continuerai à manger du ploum-ploum pudding pendant huit jours sans broncher comme une brave fifille.

2 commentaires sur « Ploum-ploum pudding »

  1. Ouais mais t’oublies de dire un truc très bien: aucun baryton ou autre ne vient disputer la propriété de la soprano à son ténor. D’où duos, bagarres, meurtres etc… évités et ÇA DURE MOINS LONGTEMPS ! Bon je te laisse je vais sur la tombe de Glenn Gould.

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    1. Déjà que tout le monde me jette des pierres quand je dis que j’aime pas trop Verdi, tu vuex pas que je me fasse traiter d’employée municipale, non plus ? 😀
      Va, va !

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