Il était une fois chez Wes

Voilà un bail que je suis accro à l’univers de Wes Anderson et je sens que ça n’est pas près de changer… [attention, légers spoilers inside]

La vague intrigue policière ci-dessus n’est à mon avis destinée qu’à servir de prétexte à une fresque pseudo alpine rocambolesque et survoltée. Mais même si le réalisateur nous sert dans ce nouvel opus sa Żubrówka – ah, un nom de pays imaginaire qui se boit ? – complètement frappée, secouée et agitée, voir son nouveau film m’a fait le même effet que d’enfiler une paire de chaussons mous après une dure journée de travail : le sourire s’installe, le corps se détend, l’oeil s’habitue à la teinte dominante de la pellicule (cette fois, c’est le rose des boîtes de gâteaux de chez Mendl’s) (toute ressemblance avec le très kitsch emballage de fameuses gaufrettes viennoises n’est probablement pas complètement un hasard), et on commence la chasse aux acteurs fétiches du réalisateur dans le casting.

La galerie de personnages est un régal ; j’ai même fini par développer une tendresse particulière pour l’affreux vilain à la dentition façon vampire inversé campé par Willem Dafoe. Et à quelques jours d’intervalle j’aurai vu Tilda Swinton passer de suceuse de sang romantique et intellocrate à vieille mamie de 84 ans friquée et libidineuse coquine, rien que ça vaut son pesant de moutarde (vive Dijon). Alors oui, évidemment, on y croise aussi Bill Murray. Et j’avoue que je ne m’attendais pas particulièrement à être convaincue par Ralph Fiennes dans une farce de luxe un peu foldingue, mais c’est maintenant chose faite.

Au rayon des facéties visuelles, on retrouve les inévitables séquences en stop-motion. D’ailleurs je n’ai pas réussi à m’ôter de la tête que Wes avait découvert l’existence des fabuleux Plonk & Replonk, tellement ses paysages en carton avaient un côté collage retravaillé et absurdifié.

Voilà, j’ai bien peur que ça commence à se voir que face à une œuvre de Wes je perds dorénavant tout sens critique (si : dans cet opus, on oublie régulièrement le comment du pourquoi de ce qui se passe tellement ça part un peu dans tous les sens, mais pour tout dire ça n’a en rien gâché mon bonheur). Je rajoute que la musique d’Alexandre Desplat est très réussie et je te mets un brin de balalaïka, au cas où il serait trop subliminal que je recommande chaudement The Grand Budapest Hotel à tes petits yeux qui en seront tout émerveillés de joie ?

4 commentaires sur « Il était une fois chez Wes »

  1. Je suis allé le voir hier avec l’Homme et on s’est régalés. On a trouvé qu’il y avait quelques choses des Monty Python dans les montages et dans certaines scènes aussi. Et ouiiiiiii, Plonk et Replonk ! Je savais que ça me rappelait quelque chose mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

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  2. J’ai l’impression que cela fera partie de ces films dont, justement, le « pourquoi » et le scénario ne sont pas ceux que l’on croit, mais peut-être se logent-ils en fait dans l’adéquation entre la forme et l’esprit, bien souvent les meilleurs films… Conseillé vivement par un autre ami, j’en finis même par me demander si je ne vais pas me laisser tenter pour mettre une fois des deux prochaines semaines le nez hors de mes dossiers/bouquins/cahiers…

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