Les garçons et Guillaume, merci pour le dîner

Je suis celle qui refuse souvent d’aller voir des comédies parce qu’elle ne rit quasiment jamais au cinéma. Enfin, j’exagère… mais à titre de (mauvais) exemple (mauvais, parce qu’à mon avis c’est aussi l’adjectif qui définirait assez bien le film), pendant Quai d’Orsay – que j’aurais pourtant aimé aimer – j’ai failli étriper le monsieur devant moi parce qu’il riait aux éclats à chaque pantalonnade lourdaude de l’acteur principal, et que ça m’a rendu les gags encore plus insupportables. Mais je m’égare… Non, il se trouve que l’étiquette « drôle » me rend souvent très méfiante, vu qu’on ne tourne pas The Big Lebowki tous les jours.

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Tout ça pour dire que lorsqu’un film en vient à me faire me fait pleurer de rire – j’exclus d’emblée de ces bonheurs la vilaine scène avec Diane Kruger, qui m’a, elle, laissée perplexe, et pas dans le bon sens du terme – je me dois de lui ménager une place spéciale dans mon cœur. Voilà donc comment, depuis tout à l’heure, Les garçons et Guillaume, à table !, film de et avec Guillaume Gallienne, Guillaume Gallienne et Guillaume Gallienne, est devenu mon petit bijou du moment. Il y joue son propre rôle, sur une scène et dans sa vie (et cela quel que soit son âge) ainsi que celui de sa mère. Le premier miracle est là : je l’ai vu grandir et dialoguer avec lui-même sans jamais tiquer sur l’absence totale de crédibilité visuelle, étant donné qu’à part aux moments où il est sa mère, il n’est jamais ni déguisé ni maquillé.

Pour faire court sur l’histoire, parce que je ne veux pas raconter trop pour ne pas gâcher, Les garçons et Guillaume, à table ! est la chronique d’une confusion des genres, l’histoire d’un jeune garçon qui voudrait tant être sa mère que son entourage familial ultra-bourgeois finit par le cantonner dans des clichés comportementaux et sexuels. Mais là où ça devient magnifique, c’est de voir à quel point on peut être fin même chaussé de sabots : la plupart des situations ne sont pas particulièrement subtiles. Il y a même un bon paquet de clichés, en fait, mais jamais ça ne m’a gênée.

C’est sûrement grâce à la qualité des acteurs et au côté surréaliste d’un certain nombre de scènes que cette comédie est vraiment drôle au lieu d’être lourdingue, si intelligente au lieu d’être convenue, et surtout si sensible et touchante plutôt que mièvre. Au delà du principal ressort comique utilisé par Guillaume (le jeu du masculin-féminin), j’y ai aussi vu une peinture très tendre et vache à la fois de rapports pas évidents – donc ordinaires – entre une mère et son enfant… quoi, va pas me dire qu’avec la tienne c’est facile, hein. Et des ruades dans la face des préjugés idiots. J’ai aussi beaucoup aimé les moments où la scène de théâtre se glisse dans la pellicule. Et la grand-mère russe. Donc voilà, tu as compris : moi, j’ai carrément couru. Et toi, tu attends quoi ?

Plutôt que la bande annonce (qui quand je l’avais vue ne m’avait pas spécialement émoustillée), je préfère glisser ici pour finir la version saxophone eighties de Ne me quitte pas (grosse grosse madeleine pour moi, une de mes toutes premières cassettes) (oui, j’ai dit cassette) . Le réalisateur l’utilise à un moment pseudo-sentimental que je trouve hilarant, et la musique s’arrête sur cette merveilleuse réplique de ma sa mère :

« Tu ne vas te mettre dans des états pareils juste parce que ton frère a essayé de te noyer, quand même ? »

Supertramp – Don’ Leave Me Now

4 commentaires sur « Les garçons et Guillaume, merci pour le dîner »

  1. Très envie d’aller le voir aussi (après Gravity la semaine dernière : événement je suis allée voir un film qui n’était pas Pixar ou Disney) et je regrette déjà de ne pas l’avoir vu sur scène. En revanche la promo en boucle partout (radio tv presse) avec EXACTEMENT les mêmes citations tout le temps, c’est plus possible Guillaume.
    J’ai bien ri « Ne me quitte pas » j’avais jamais fait le rapprochement (sur K7) et moi, les gars qui donnent des super trempes je les ai même vus en concert. Ouaip.

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    1. Ah, moi ça me rappelle un été chez mes grands-parents, on l’écoutait en boucle avec mon frangin, mon cousin était en plein chagrin d’amour d’été donc il pleurait comme un veau, tout ça…
      Le syndrome de la promo peut tuer, ça c’est sûr ! J’ai bien fait d’y aller tout de suite 😉 (en revanche, sérieux, les articles sur le film illustrés par la photo de Diane Kruger alors que c’est sans conteste LE passage « beauf » et donc dispensable du film, pas bravo, hein)
      Mais vas-y, vraiment il fait chaud ce film 🙂

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  2. Arno et sa reprise de « vous les femmes » dans le générique de fin m’a plus marqué que Supertramp, j’avoue. Mais c’est mon côté midinette (et parce que j’avais des kleenex sur moi, pour une fois).

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    1. C’est vrai que c’est pas triste non plus ! Mais voilà, Supertramp me renvoie à tant de souvenirs précis, un peu comme tout le film, hein (si je te dis que l’écriture de sa mère sur le carton à la fin, c’est exactement celle de la mienne…)

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