La vie de George (chapitre 3,1416)

Il va falloir me pardonner ce regroupement extrêmement douteux de deux films qu’à peu près tout oppose dans le même post, mais aujourd’hui chez moi rien n’est réellement en état de marche, et j’agonise de l’énergie à un moment de la semaine où j’aurais dû recharger les batteries. Donc à défaut de rendre le propos cohérent on va tenter la synthèse de l’extrême.

Attention c’est parti.

J’ai donc vu sur grand écran à seulement quelques jours d’intervalles La vie d’Adèle Chapitres 1 et 2 d’Abdellatif Kechiche et une avant-première de Gravity d’Alfonso Cuarón. Ouais, je suis très très souple des yeux, je fais bien le grand écart.

J’ai dit ici à quel point je me moquais des ragots « people » sans aucun intérêt concernant le premier, et à vrai dire, Palme d’Or oblige, j’étais plutôt toute acquise à sa cause. Trois heures plus tard, je n’étais globalement que déception, incompréhension et bâillements. La fadeur extrême de l’Emma incarnée par Léa Seydoux rend à mes yeux la passion qu’éprouve Adèle pour elle complètement invraisemblable. Le réalisateur s’est visiblement plutôt attaché à rendre gloire à la susdite Adèle en permanence à coup de gros plans (pas toujours utiles, ni pour l’ambiance ni pour le récit), y compris sur ses cheveux pas propres, ses bavouillous de bolognaise, ou sur la morve qui inlassablement coule de son petit nez, et qui donne en permanence envie de se lever pour aller lui proposer un mouchoir.

Je me moque d’Adèle Exarchopoulos mais c’est la seule qui trouve grâce à mes yeux dans ce film : elle incarne son rôle – Adèle, donc – avec une grande justesse. Mais c’est juste que je n’ai toujours pas compris l’intérêt d’amalgamer le milieu modeste dont son personnage est issu avec la crasse et les fluides corporels. Lesquels fluides et/ou autres sueurs sont d’ailleurs étrangement complètement absents de scènes de sexe pourtant très crues, détaillées et… interminables (constat très juste fait par ma compagne d’infortune cinématographique de ce soir-là). Interminables car absolument pas sensuelles à mes yeux : à aucun moment Adèle la novice ne semble désarmée de ses premières expériences sexuelles avec une femme, pas la moindre hésitation, pas de tendresse, pas de lenteur, pas d’amour dans les gestes, pour moi rien de tout ça ne sonne juste. N’empêche qu’une scène quasiment pornographique (homosexuelle ou hétérosexuelle) qui n’est absolument pas excitante, vous en diriez quoi, vous ?

Je passe sur les portraits que j’ai trouvé caricaturaux de prétendus artistes ou intellectuels. Je passe sur une scène de dispute complètement stérile (quand chaque parti n’a qu’un seul argument à hurler, à quoi bon faire durer le machin vingt minutes ?), sur les images appuyées de charmants bambins mâchouillant des crayons dont le scénario n’a pas besoin…

Oui, il s’agit d’une histoire d’amour qui naît puis qui meurt. Oui, on a compris que les deux protagonistes n’ont pas le même âge, la même expérience de la vie et donc pas les mêmes attentes vis à vis de leur partenaire. J’ai surtout eu une vilaine impression de creux tout vide, d’absence de propos et de poudre aux yeux pendant trois longues heures… décidément, je ne suis pas l’amie des Palmes ces derniers temps ! La seule chose positive étant que je suis maintenant très motivée pour lire Le bleu est une couleur chaude, la BD dont est inspirée ce film que je n’ai pas apprécié. Mais quittons un peu le plancher des peaux de vaches (dont je fais donc partie), voulez-vous ?

Gravity sera sur les écrans le 23 octobre et je suis plus que ravie d’avoir pu en profiter hier soir. Je n’en parlerai pas trop, j’aurais trop peur de gâcher l’incroyable tension qui habite ce film. Sans faire de jeu de mot crétin, je ne me rappelle pas avoir été à ce point envoyée en orbite par un film causant d’espace depuis… je ne sais plus. Et non, ne va pas croire que c’est grâce à George Clooney, on l’aperçoit peu derrière son scaphandre. Je pardonne même sans réfléchir un épisode du scénario que je trouve douteux léger tellement tellement j’ai été happée. En plus, visuellement, c’est complètement hypnotique (je me demande si j’ai envie de me plonger dans des articles décrivant les trucages tant la magie était totale), et non, l’histoire ne tourne pas en rond. Juste vas-y, c’est un ordre.

Bref, on aura compris : je suis une abominable insensible (d’ailleurs, c’est bien connu, je ne pleure jamais jamais) (mais alors jamais, appelez-moi Laszlo Carreidas) qui préfère en ce moment au cinéma le suspense et les immensités spatiales aux amours terre-à-terre.

Sur ce, je te laisse, j’ai état grippal.

6 commentaires sur « La vie de George (chapitre 3,1416) »

  1. Bon déjà merci pour avoir vu Adèle avant moi. Comme ça, j’irai pas et je pourrai faire autre chose des trois heures (déjà que je suis comme le lapin d’Alice en ce moment, si en plus je me coince dans une salle à regarder une endive faire de la lèche – pardon – à une souillon…).
    Pour gravity, c’est toké, c’est noté.
    Sinon, je regardais mon agenda (i’m an executive man) for tomorrow et tout d’un coup, je vois que demain c’est ta fête. Donc je me dis que c’est marrant de penser à toi en plein milieu d’un boulot qui te ferait hurler de terreur (si si, je fais un boulot qui est au violon ce que l’enclume est à la peinture) et qu’il faut dare-dare que je me connecte pour te laisser un petit mot qui dirait : C’est ta fête, alouette, est-ce ta fête camionnette ? (chuis trop fier de moi sur ce coup).
    Donc voilà. Demain matin, je te souhaite bonne fête.

    Grosses bises (enfin de loin, vu les miasmes).

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    1. La camionnette agonisante est très très touchée de cette attention 🙂 (j’en déduis que tu fais un travail qui a quelque chose à voir avec ce truc immonde qu’on appelle des nombres ?)

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  2. Ah bon, au moins ça c’est fait: j’hésitais à aller voir Adèle. Merci!
    Re ah bon, alors bonne fête, et merci à Hurluberlu du tuyau.
    Sinon soigne-toi bien!

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    1. Reste à noter que la plupart des critiques trouvent que ce film est merveilleux, hein, si ça se trouve j’ai juste des goûtes de ch…
      Ouais, je suis perplexe devant ce machin viral, hein. Pas très vaillante non plus mais merci 🙂

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