Dark Blue Jasmine

Blue Jasmine de Woody Allen, c’est un peu la surprise du chef : ma blague après ses derniers films, c’était de me demander dans quelle ville aux clichés romantiques il allait situer sa prochaine comédie légère-un-peu-facile-pas-désagréable-mais-quand-même-peut-mieux-faire. J’avais même parié sur une bluette à Saint-Petersbourg ou un vaudeville à Amsterdam. Et paf, je me suis pris dans la face un portrait saignant de femme qui a très largement dépassé le bord de la crise de nerfs à San Francisco.
Cate Blanchett y joue Jasmine/Jeannette, le centre brillant et tout cassé d’une galerie de personnages pas roses du tout, dans laquelle on ne trouvera pourtant ni gentils poneys ni méchantes sorcières. La misanthropie cynique du réalisateur s’exerce là avec un réalisme abominablement juste : les personnages ne sont ni totalement constants ni manichéens, ils sont tout simplement terriblement vrais. Pas complètement affreux, sales et méchants, non, mais on dira que leurs qualités ne sont pas souvent mises en valeur.

Alors, ne va pas croire que je n’ai pas aimé ce film parce que c’est archi faux, je l’ai trouvé vraiment réussi. La preuve c’est qu’il m’a même secouée, atteinte : Jasmine est malade, ok, mais son malaise – même s’il est issu d’une situation excessive à tous points de vue (suicide, perte d’une vie dorée, hyper-sensibilité refoulée) – semble malheureusement très « accessible ». Perdre pied avec la réalité quand tout son monde s’effondre n’a rien de si étrange, après tout. Et puis surtout, jamais on ne nous montre de solution ou de sortie possible pour elle, et sa chute – en Chanel, certes, mais chute quand même – n’est qu’une fatalité.

La noirceur était donc magnifique, mais j’avais quand même besoin en sortant du cinéma d’une ânerie pour nettoyer un peu cette humeur pessimiste.

Et je n’ai trouvé que Otto l’automate.

Je crois qu’on rigolera d’une autre couleur que jaune demain…

Ah et il y a aussi une vraie critique bien rangée par ici, si tu veux.

2 thoughts on “Dark Blue Jasmine

  1. Tu résumes bien mon sentiment aussi après avoir vu le film. Non que je n’ai pas aimé… mais je n’ai pas adoré non plus. Tout le monde a trouvé Cate Blanchett magistral, mais à la fin je n’en pouvais tout simplement plus de son jeu sous Xanax et de sa mine effarée. Sinon j’ai bien aimé voir San Francisco et la chouette actrice qui jouait dans Be Happy.

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