La positive lassitude

Chère vie,

je t’aime je t’adule je me réjouis de passer du temps avec toi. Tu n’es pas parfaite mais je te supporte avec allégresse malgré tous tes défauts en ayant parfaitement conscience que tu en as autant à mon service. C’est ça les vrais couples qui fonctionnent bien : c’est beau et moche à la fois.

Mais là, j’ai quand même un reproche à te faire sous le coup de la lassitude : veux-tu bien cesser de placer des cataclysmes sur ma route – des machins incontrôlables et indigestes, des combats que je mets un temps fou à assimiler dans mon quotidien, auxquels j’ai du mal à m’habituer, qui me serrent la gorge et la tête – pour ensuite les faire disparaître tellement sans raison que la médecine même en perdrait son latin ? Je suis certaine que ça part d’une bonne intention, et je goûte avec bonheur ma chance que ces rebondissements soient positifs. Mais il faut que tu saches qu’à la troisième ou quatrième fois en dix ans, ça finit par peser son poids en soucis et fatiguer les nerfs. Violemment. Alors sois gentille : prends juste note et aide moi un peu, je te le rendrai au moins au  milluple, même si ce mot n’existe pas.

Bisous, à toi jusqu’à la mort,

ta tigresse – ouais, c’est Chouyo qui m’a baptisée ainsi, j’essaye toujours de mériter ce petit nom griffu que j’adore – parce que mes rayures repousseront, toujours et encore.

Rascar Kaputt ?

Ironie du sort, hier soir la foudre m’a rasée de près : j’ai même entendu l’électricité chercher son chemin jusqu’au sol avant de repartir au ciel dans un fracas infernal. J’ai hurlé ma frayeur et suis restée hébétée, éberluée, comme une andouille.

Dans ma vie aussi, un truc vieux, moche et grimaçant avec  lequel je m’apprêtais à faire un trop long bout de chemin vient de s’envoler comme par magie, et telle le Professeur Tournesol je me retrouve comme un machin abasourdi plantée là. C’est vraiment chouette qu’il reste les bijoux, tu penses bien !

Mais pour l’instant je suis tellement sonnée que je n’ose même pas m’en réjouir : je crois que je me demande à quel moment les Incas vont venir me kidnapper pour faire un grand méchoui avec mes gigots.

2 commentaires sur « La positive lassitude »

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