Les liaisons presque dangereuses

J’ai rafraîchi ma coupe façon Jean Seberg, adouci mes jambes, lavé et repassé mes vêtements. Je n’ai pas encore choisi ma tenue, celle dans laquelle je sais que me sentirai suffisamment à l’aise pour prétendre que je me sais plutôt pas vilaine, mais ça ne saurait tarder. Je programmerai aussi mon réveil un peu plus tôt, et respecterai un timing confortable : il faudra papoter légèrement, minauder un peu, ne pas trop regarder mes pieds, afficher la confiance et la désinvolture des certitudes, avoir de l’humour et de l’esprit.

Car je devrai séduire sans avoir l’air de rien. Oh, pas trop, pour ne pas être étiquetée « désespérée », mais en aucun cas il ne faudra négliger le facteur attractivité. J’espère arriver à trouver la juste balance, faire comme si tout ça ne m’angoissait pas un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Le secret serait de laisser le trop plein de sensibilité et d’empathie à la maison, sans doute…

Mais que veux-tu, nous ne nous sommes rien promis. Je n’avance jamais en terrain conquis, et me sens plus ou moins obligée de tenter de renouveler et d’enrichir notre relation à chaque retrouvaille : j’ai beau savoir qu’en face on sera fondamentalement bienveillant et que l’attraction est vivante, je crains toujours qu’elle se fane un peu. Et même si j’ai conscience qu’avec le temps, nos ressentis et nos besoins évoluent, je continue à les vouloir frais comme au début, naïfs et lumineux. Car c’est de la lumière que viendra la lumière. Et resplendira (évangile selon Tintin, Le secret de la Licorne rose invisible, verset 4). Et c’est cet idéal qui me fait sourire en dedans, chose sans laquelle je manquerais totalement de courage pour descendre dans l’arène.

Savoir se séduire soi-même pour mieux affronter le regard de l’autre… comment ne pas avoir en tête le début des magnifiques Liaisons Dangereuses de Stephen Frears ?

Oui, demain, je retrouve, un peu comme on retrouve un amant à qui l’on tient, la petite centaine de personnes avec lesquelles je partage la musique. Et autant j’apprécie ce choix de vie très collective (en plus j’apprécie très majoritairement mes collègues), autant le retour parmi le troupeau après la période d’arrêt de l’été me paraît toujours un peu (euphémisme) stressant. Même pour la seizième fois.

Fais-moi un bisou, je crois que j’ai peur.

2 thoughts on “Les liaisons presque dangereuses

  1. Bon, j’arrive en retard, comme d’habitude mais : bizzzoouuu !
    Et je suis certain que cela s’est très bien passé. On a la « banane attitude » ou pas, et je sais que tu l’as.
    Hulurberbananalu

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