La très grande bellezza

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Toujours un peu noyée dans mon décalquage horaire néo-chinois, j’erre depuis une semaine dans mes matins comme un fantôme de limace. Or hier, dans un éclair de volonté, tonifiée par l’apparition du soleil, j’ai décidé, comme on décide de s’offrir des bons croissants à la boulangerie d’à côté un dimanche matin de printemps, d’aller déguster le film de Paolo Sorrentino.

Comme ça, habillée en vitesse presque par dessus mon pyjama, juste pour le plaisir. Et mon plaisir me dit encore merci.

Je ne m’étalerai pas trop parce que j’aurais trop peur de gâcher celui de quelqu’un d’autre, de plaisir. Surtout qu’au tout début du film, j’ai craint la simple succession de saynètes sans paroles en me disant qu’au delà d’une certaine dose ça allait devenir difficile. Or non, premier régal : la caméra du réalisateur picore régulièrement des morceaux de Rome, s’arrête, photographie un instant et reprend sa promenade toujours très – mais jamais trop – esthétique, même dans le moche (j’espère être compréhensible…).

Et puis rapidement le récit se met en place et je me suis laisser happer par le personnage principal, l’écrivain (ex ? futur ?) incarné par Toni Servillo. Par son regard cynique et critique sur la création (ah, les scènes de happenings d’art con et temporain !) ; par ses considérations aussi tendres qu’impitoyables sur sa propre vie et celle des autres ; par cette espèce de nostalgie gaie et assassine mais jamais déprimante. Car oui, malgré tous ces constats amers, malgré les rides inéluctables, malgré le ridicule de la brillante bourgeoisie romaine, malgré les morts et les échecs dépeints dans La grande bellezza, je suis ressortie de mon premier contact avec ce cinéaste complètement regonflée en énergie positive, et surtout totalement séduite. Bref, c’était très long pour dire : juste vas-y.

Mais ça doit être parce que  j’insiste.

Un commentaire sur « La très grande bellezza »

  1. Vu l’an dernier au ciné et j’ai trouvé ça super lourd (déjà si le film dépasse 2h, mon indulgence baisse et le film a intérêt à être vraiment bon) et vide à la fois.

    Je pense que le film sera sûrement intéressant à étudier pour l’Italie post (?) berlusconienne. Mais à part ça, j’ai trouvé ça clinquant, faussement détaché (profiter de la soupe, tout en crachant dedans), un peu « rebelle de canapé » (bien confortable) avec des figures tellement caricaturales que c’est vraiment pas possible. Dommage car c’est bien filmé et Rome la nuit, c’est joli (on y fait, aussi, de belles rencontres).

    Bref, un film qui montre des gens qui s’ennuient, qui font semblant de s’amuser et qui, à force de montrer le vide (et la vacuité) devient creux. C’était peut-être le but mais je me suis ennuyé.

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