Nipponnade #10 : Lost in la bande son

Il est encore temps d’évoquer l’expérience japonaise de décembre dernier avant la prochaine virée avec le bureau, la tournée des grands froids, celle qui se rapproche à pas de géants (ciel, mais c’est la semaine prochaine !!). Même si il est de plus en plus clair qu’on ne peut jamais en avoir vraiment fini avec ce pays-là. Surtout quand le hasard fait qu’enfin (enfin !) on attaque les cadeaux de Noël à lire, et qu’on jette justement son dévolu sur le Manabe Shima de Florent Chavouet. Voilà typiquement le genre de chronique dessinée qui vous replonge intensément dans le bain nippon, c’est tendre, drôle, bien vu, truffé de chats (en plus) et un sourire m’illumine à chaque fois que j’ouvre le machin. À ce stade ce n’est plus une recommandation mais un ordre : juste lis-le.

Manabe Shima

Mais la nipponnade que je voulais évoquer aujourd’hui n’est pas visuelle. Non, je repense encore régulièrement en ricanant au décalage qu’on rencontre très souvent entre ce qu’on voit et ce qu’on entend : la manière dont les japonais choisissent leurs musiques d’ambiance me laisse souvent perplexe. Je n’ai plus revu cette fois-ci de petites poupées en robe de soirée froufrouteuse animant au piano romantique et dégoulinant l’atmosphère frigorifique des halls des grands hôtels. En revanche, nous y étions en décembre, donc Noël-mania délirante oblige, je pense m’être enquillé toutes les variantes possibles et imaginables de Let It Snow, et pas seulement dans les magasins. Je crois même qu’un midi, c’est comme ça qu’il a neigé des flocons de valse viennoise sur mon anguille, avec les grelots des rennes, le crooner et tout. Indigeste. Pas moins étrange, et pas meilleur, le fait de déjeuner au son de la Macarena dans un sushi bar hyper vieillot où même moi je faisais chuter la moyenne d’âge.

Assez rigolo aussi, le choix du propriétaire de ce boui-boui en demi sous-sol où je pense avoir mangé les meilleurs gyoza de la galaxie. Apparemment grand collectionneur de sakés (il en exposait trois murs), ce maniaque de la belle poterie traditionnelle – j’aurais aimé lui faucher toutes ses assiettes – dont le petit restaurant était une espèce de caricature japono-japonaise carburait pour ses oreilles au vieux blues des années 50.

Sake

Mais la vedette incontestée des musiques d’ambiance reste l’homme qui a composé les musiques des films de Hayao Miyazaki, Joe Hisaishi. Le voyage de Chihiro est partout, vraiment. Mais il n’est pas le seul, et j’avoue qu’un de mes meilleurs moments de décalage stylistique a été ce déjeuner dans une cantine à Ginza, une de celles où il faut acheter un ticket dans un distributeur, un truc moche en formica, avec des gars en costard bleu marine mangeant en tête à tête avec leur iPhone assis à chaque place : mal cachée par les braillements du cuistot à ses aides se déroulait la musique de Mon voisin Totoro.

Je saute du Totoro à l’âne et clos avec une jolie vidéo nippone d’un gars dont j’avais déjà écouté et commenté naguère un album, Shugo Tokumaru. Son Katachi traîne un peu partout sur le web et c’est justice parce qu’il est très chouette. Mais tout aussi poétique à mes yeux, et parce qu’il faut savoir changer, on va plutôt passer Decorate.

C’était le baratin décousu du jour, à vous les studios.

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