Fantaisie militaire #2 (Wagner inside)

Voilà, je repoussais un peu le moment de parler de Rienzi, dont la première aura lieu dimanche, pour pas mal de raisons.

La première étant que parfois il faut attendre d’entendre une œuvre en entier et enchaînée sans les arrêts au stand pour établir son jugement. Lequel jugement n’était pas fabuleux, je l’avoue. Déjà, quand il me faut 20 ans pour comprendre un livret sans me mélanger les pinceaux, c’est mauvais signe (heureusement, Wikipédia compile mieux que ma bible papier). Mais je peux te la faire en pas long parce que je suis gentille :
Rienzi, c’est un genre de peplum moyenâgeux, où le héros du même nom se retrouve au milieu d’une bataille entre deux familles de bourgeois parce que le fils Colonna (non, ça se passe à Rome, pas en Corse) a envie de se taper est amoureux de sa sœur. Qu’à cause de ça l’action vogue de révolte populaire en retournement de veste collectif et de bataille en triomphe en permanence. Ça parle aussi de papes, de pouvoir, de Rome qui brûle, le ténor est excommunié, bref, ça finit mal et voilà.

Une bande-annonce empruntée à une production berlinoise avec le même ténor/Rienzi

Batailles et armées, voilà donc qui fournit à Richard Wagner pour cet opéra de jeunesse un matériel de base dont le style est plus classique (dans le sens Weber/Mendelssohn) que romantique torturé – dommage, je dirais, parce que dans le deuxième genre j’aime d’amour le Wagner de la Tétralogie ou de Tristan. Classique et surtout (hélas) militaire. Moi qui pense que dans « musique militaire » il y a une contradiction dans les termes, je suis servie : ça défile, ça marche et ça pontifie lourdement sur quatre temps en criant « une – deux » dans tous les coins. Bref, je souffre un peu d’absence de mélodies sans uniformes, surtout compte-tenu du temps passé sur ces quatre heures de spectacle à jouer des trémolos sans fin.

Au final, je me rends compte que pour l’instant je subis cet opéra, qu’il m’atteint et me fait du mal. En sortant des répétitions je me suis toujours sentie un peu comme Frodon après un jour avec son Précieux Anneau des Nibelungen : fatiguée, irascible, moulue des bras, frustrée et négative, mais négative… comme si je n’avais pas eu ma dose de plaisir alors que je l’attends et la désire comme une folle.

Alors je ne désespère pas que ça change, parce que je crois en mon potentiel d’émotion positive, parce que je pense que le spectacle est bon, parce que les chanteurs dépotent, parce qu’il y a un cheval blanc qui n’appartient pas à Henri IV, et surtout surtout surtout… parce que j’attends comme le messie le 5ème acte pour réentendre un thème de l’Ouverture qui me chatouille l’échine, parce que comme dans Tannhäuser c’est beau un(e) héros (ine) désespéré(e) qui prie la nuit.

De quoi redonner 20 tonnes de foi en la musique : Rienzi, Allmächt’ger Vater (Gebet)

Un commentaire sur « Fantaisie militaire #2 (Wagner inside) »

Un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.