Tannhäuser et les fabulous troubadours de la Wartburg

En premier lieu, comme ce R. pourrait sembler équivoque, je pense bon de rappeler que Tannhäuser n’est pas une composition de Robert (le monsieur de L’amour du risque)(pourtant, il y en a des notes, j’ai bien demandé une doublure pour les cascades dans l’aigu mais on me l’a refusée) mais de Richard Wagner. Richard est facile à reconnaître : c’est le monsieur en noir et blanc qui est plus poussiéreux que l’autre. Enfin quoique.

             

J’ai déjà eu la chance de jouer cet opéra, et bien qu’il me veuille du mal en m’obligeant à beaucoup travailler à la maison – je pense que Wagner détestait les violonistes, mais on ne saurait l’en blâmer : c’est une sale race – je l’adore. Car même s’il est moins moderne d’écriture que la merveilleuse et épique Tétralogie, même si quelques passages sont un peu trop classiques au sens XVIIIème siécle du terme, ses atmosphères orchestrales sont riches et il regorge d’airs magnifiques, ce qui le rend extrêmement agréable à jouer et jamais pesant. Tout le contraire des Maîtres chanteurs, quoi. Tout ça pour dire que, dans un grand élan de masochisme et de cornes aux doigts, je m’éclate vraiment dans la fosse pendant cette série. Mais que comme je ne peux pas m’empêcher de trouver que le livret est un peu plein de comique involontaire, je vais être obligée de laisser libre cours à ma mauvaise langue.

Avertissement : la niaiserie l’analyse qui suit est complètement légère, farfelue et personnelle, mais il existe des baratins sérieux sur l’œuvre : une version light en ligne sur Wikimachin (c’est ), ou sinon on peut carrément s’acheter le Kobbé.

Dans Tannhäuser, faisons d’abord quelques présentations, il y a deux personnages féminins pas du tout caricaturaux. En premier et excusez du peu, Vénus, profession déesse de l’amour, mais pas l’amour avec un grand A, plutôt celui avec un grand X. Vénus tient une célèbre maison close, le Venusberg, traduit avec exactitude en français pas « la grotte de Vénus » (on ne critique pas : en France, on est les rois des langues étrangères, c’est bien connu). Grotte dans laquelle on danse, on chante, on b…oit comme des fous, c’est bacchanale non stop, bref, c’est la belle vie. Pour exemple des harmonies liquides et sensuelles qui la représentent dans tout l’opéra, la tenancière dans son air du premier acte : Geliebter komm, sieh dort die Grotte (je n’ose pas traduire tellement c’est cochon).

Dans l’équipe adverse on a Elisabeth, soprano et fille du Landgraf de métier (en gros princesse, on va pas chipoter). On l’imagine, fraîche, belle et bonne, mais bonne aussi, vu qu’à son jeune âge il semble bien qu’elle en soit au moins à son quinzième prie-dieu. La preuve toute en chorals et en harmonie avec sa fameuse prière à la Vierge du troisième acte (Allmächt’ge Jungfrau).

Et sinon il y a des troubadours partout, dont Tannhäuser (le héros, donc le ténor) et Wolfram, le père de la Sainte-Nitouche, ainsi qu’un pape. Quant à l’histoire en elle-même, elle est plutôt simple et vise juste à prouver que, décidément, les ténors sont vraiment des ânes (cf Don José dans Carmen, aka « l’homme qui n’a vraiment rien compris aux femmes ni au reste »).

Alors voilà : Tannhäuser, après avoir passé de son plein gré un bon moment dans la taule de Vénus, décide qu’il voudrait changer de crèmerie parce tout ce plaisir, c’est trop, c’est pas moral, et qu’il en a besoin pour des raisons un peu fumeuses genre élévation spirituelle etc (en vrai, à mon avis il s’est souvenu de l’existence de la petite Elisabeth et il ne cracherait pas dessus pour son quatre heures). Il prononce la formule magique, à savoir le nom de Marie, et hop soudain il se retrouve en pleine cambrousse, il voit des pèlerins qui reviennent de Rome et il est transformé en bon chrétien. D’ailleurs, un jour j’essayerai pour voir, ça a l’air rigolo.

Donc il retourne chez le Landgraf pour voir sa minette, retrouve son pote Wolfram et histoire de faire le beau, participe à un concours de troubadours (c’est son métier). Or, chassez le naturel il revient au galop : au lieu de faire profil bas comme son copain et de louer la beauté des fontaines et des petits oiseaux, il se met à chanter Venus des Beatles (avec la harpe, c’est très joli). Tout le monde est choqué par ses histoires cochonnes, et le scandale est tel qu’on l’envoie chez le pape se faire absoudre.Tout ça pour ça mais bref, c’est un fiasco complet : quand il avoue son séjour en maison close au pontife, celui-ci l’envoie balader en lui disant qu’à moins d’un miracle, ses excès de chair ne lui seront jamais pardonnés.

La queue basse, Tannnhäuser revient donc chez beau-papa pour y trouver sa chérie mourante d’amour (quelle dinde, elle n’a pas vu que Wolfie était raide dingue d’elle !). Elle a beau, prier, rien n’y fait, elle passe l’arme à gauche. Et là, incroyable mais vrai, en voyant Elisabeth morte, Tannhäuser fait un infarctus, déclenchant ainsi le miracle qui sauve son âme : le bâton du pape reverdit, ce qui met tous les jeunes pèlerins en joie (et moi aussi, mais c’est bien connu que je vois du graveleux partout, donc passons). Bilan de l’histoire : décidément, quel couillon ce ténor… ni sexe ni sentiments, ni sainte ni dépravée, deux morts, et Wolfram se fait avoir jusqu’au trognon alors que le pape est en pleine forme. C’est nul.

À part ça – un peu de sérieux – la première c’est demain, gloups. Mais on s’y colle aussi les 22, 24, 26 et 29 juin. Et comme c’est magnifique et bien chanté et que ça vaut vraiment le détour, pour grappiller une des dernières places c’est par là ! Vite vite !

2 commentaires sur « Tannhäuser et les fabulous troubadours de la Wartburg »

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