Cap Vert #2 : ce qu’a vu mon estomac

Jusque là je n’ai montré ici de l’île de Santo Antão que quelques babioles, mais c’est que je n’ai pas encore trouvé le temps de mettre vraiment le nez dans les xxxx photos ébahies que j’ai commises là-bas. Comme il y a un grand Averell Dalton qui sommeille en moi, impossible donc de ne pas aborder ce sujet brûlant :  kua kua come kiki ? (autrement dit « quando se come aqui ? », il ne te reste plus qu’à relire Tortillas pour les Dalton).

Quand est ce qu’on mange ? En rando, tout le temps : les guides ont peur que tu maigrisses, donc ils te gavent toute la journée de bananes, beignets à la noix de coco et autres gâteaux au miel, ce sont les seuls produits manufacturés que j’aurai croisés là-bas. Ça et les petits gâteaux les plus drôles du monde (que même que si j’avais su j’en aurais ramené plus, parce que le LOL a un méchant goût de revenez-y).

Et quoi qu’on mange au Cap Vert à part du LOL ? À la base de l’alimentation qui est celle d’un pays moins que riche, très peu de protéines hors des produits de la pêche, et surtout des sucres et des fécu-lents. On mange frais et local, seul le riz n’est pas produit sur place, bien qu’il soit de tous les repas. Pour le reste, c’est patates, maïs, manioc, ignames, bananes à répétition (plantains ou sucrées), chou et haricots blancs. Mais attention, hein, tout dans le même repas, sinon ça serait trop rafraîchissant. On trouve bien égarées ça et là quelques carottes, tomates, papayes et dommage dommage, ça n’était pas la saison des mangues ! Grosso modo, le repas est toujours bon mais pas très varié, disons plutôt qu’il est costaud et convient parfaitement à une population qui toute la journée se tape des dénivelés musclés à pied et qui donc arbore des fessiers absolument splendides, mais je m’égare.

Car là-bas, très peu de routes ; de toute façon, étant donnés l’habitat dispersé, la configuration des cultures (des terrasses vertigineuses partout, le terrain est très exploité, mais à l’ancienne, avec des cultures toutes mélangées, c’est magnifique) et le manque de moyens financiers, seuls quelques pick-ups circulent hors des chemins muletiers. Pour le reste, c’est à pied, et le moyen de transporter les charges lourdes, le véhicule le plus courant… et bien il a deux grandes oreilles et fait hi han. Voilà donc aussi le pays idéal pour tomber en pleine régression gâteuse devant les animaux de la ferme que chez nous on n’a plus l’habitude de croiser tous les deux mètres (les autochtones doivent vraiment nous prendre pour des débiles à chaque fois qu’il nous voient mitrailler un coq ou un cochon).

Et pour boire ? Le thé, on oublie, ils fabriquent pour le petit déjeuner un genre d’infusion de gingembre plutôt pas terrible. Quelques caféiers sur le chemin, même si c’est sur l’île de Fogo que pousse le cru de café le plus réputé. Mais surtout, surtout, et pas seulement parce que je suis alcoolique, mais j’ai adoré marcher au milieu des cannes à sucre en fleur. Leur plumeau ombre les reliefs d’une lumière blanche presque irréelle tellement on dirait du velours… et en plus le pontche (mélange de grogue – le rhum local – et de diverses liqueurs), c’est bien bon et l’eau manque un peu, faut bien se dévouer…

Assez causé, on a compris que j’ai passé une semaine à randonner dans mon assiette. Rince-toi l’œil de mes souvenirs alimentairo-visuels. Je commence à gargouiller, tiens…

(les images sont cliquables et visibles en plus gros)

2 commentaires sur « Cap Vert #2 : ce qu’a vu mon estomac »

  1. Pfff… Si tu croyais nous rendre jaloux par tes belles vacances dans un coin de paradis, et nous faire baver devant le ciel bleu de tes photos, ben c’est raté… Même pas mal !! Mwouahahahaha…

    [Inspire, expire, inspire, expire… je l’aurai un jour, je l’aurai !!]

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    1. Ah mais je n’ai pas encore montré les paysages époustouflants, tu veux une bouteille d’oxygène, hin hin hin ?
      [je ne t’oublie pas, je veux toujours boire un verre et jouer à ton tag, je voudrais juste plus d’heures dans mes jours… snif… ]

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