A Bisounours Method

Achtung spoilung !!

J’aurais dû me douter qu’aller digérer le merveilleux pâté de boudin que j’ai dégusté avec Armalite et M. Tout-le-Monde devant un film avec Keira Knightley aurait un petit quelque chose de bizarre… Non que dans A Dangerous Method je la trouve merveilleuse, hein. La demoiselle a dans ce film axé toute son expression dans l’avancée de son menton, ce qui fait qu’au bout de cinq minutes à peine, la seule image qui m’est venue à l’esprit en la voyant pédaler dans le rösti (l’action se passe à Zürich) était celle-là :

Comme on était dans un film d’un des réalisateurs qui, au fil des années, m’a souvent remuée, choquée, effrayée ou émoustillée, j’ai longtemps attendu le coup de la mâchoire gigogne qui m’aurait un peu réveillée de la digestion de mes délices de Chez Navarre. Peine perdue. Pas un poil dressé d’émotion, pas un cheveu décoiffé par la moindre scène dérangeante ; David, qui êtes-vous et qu’avez-vous fait de Monsieur Cronenberg ?

Cette bluette interdite (même pas malsaine) entre la patiente prognathe à mi-temps et Carl Jung s’emmêle complètement les pinceaux dans le combat de coqs livré entre le même Jung et son maître spirituel Sigmund Freud (« je suis ton père, kchhhh »). C’est fastidieux, le chocolat viennois colle au palais tellement il est sucré, et je cherche encore ce que cherche à démontrer ce scénario poussif. À part qu’on vendrait toutes notre âme et notre mère pour aller jouer au docteur avec Viggo Mortensen.

Rions un peu en guise de cerise sur le Schwarzwald Kuchen : la prétendue musique d’Howard Shore est (sauf pour le générique) allègrement inspirée aspirée pompée sur le Siegfried Idyll de Wagner. Et devine quoi, ça tombe rudement bien dis donc, vu qu’en discutant sur c’est quoi ton mp3 préféré en ce moment, Carl et Sabina découvrent qu’ils sont tous les deux grave fans de Wagner, et de la légende de Siegfried en particulier. C’est après qu’ils commencent à s’envoyer des SMS en gloussant avec des ❤ ❤ ❤ partout et qu’elle finit par mettre sa langue dans sa bouche, histoire d’être sûre de se faire punir un peu.

La formule chimique de ce film est donc C6 H12 O6, j’ai même été déçue de ne pas y voir passer une licorne arc-en-ciel entre deux pâles fessées et un verbiage rasoir sur la psychanalyse. Pour moi c’est un grand non, mais je l’avais bien cherché. Fouettez-moi.

8 commentaires sur « A Bisounours Method »

  1. Ta critique ne me surprend pas, j’ai eu d’autres échos aussi négatifs que le tien. Mais comme je dois être un brin maso, je pense quand même voir le film, parce que Viggo, quoi. Mais ça pourra attendre la sortie en DVD. Merci ^^

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  2. Je ne commente que très rarement ici mais là, il le faut 🙂
    Raaaah, merci pour cette superbe description du menton Keira Knightley qui me hérisse le poil et m’empêche de voir un film dans lequel elle joue sans répéter de façon incontrôlée à quel point cette partie mobile de sa mâchoire et les dents carnassières qui vont avec (et qu’elle a plaisir à montrer) m’indisposent. Merci, je me sens moins seule. Le monde sait enfin…
    🙂

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