Une araignée sur le plancher se tricotait des bottes

Honnêtement, je me doutais, que faire un disque avec que du Stravinsky dedans ça promettait d’être coton…

On a vraiment attaqué le Sacre du printemps par la face nord hier matin, après environ deux heures passées à jouer pour aider les ingés son à régler la balance et les micros. Petite minute éducative : une partition, pour des raisons pratiques évidentes est souvent balisée avec des repères, soit des lettres, soit des chiffres, combinés ou pas aux numéros de mesure. Le Sacre est, lui, saucissonné en 200 merveilleux numéros (virtuels, puisque tout s’enchaîne ou presque). Après 4 heures de travail réel sur cet Everest de la musique, nous avons donc réussi à en mettre en boîte environ un petit tiers, jusqu’au numéro 60 et des brouettes, je crois. Et il ne nous reste officiellement qu’une séance pour terminer avant de faire cuire L’oiseau de feu (soupir). On n’est pas sortis de l’auberge…

Et ça n’est pas parce qu’on cherche spécialement la petite bête (pourtant, on en a trouvé une qui apparemment nous a élus comme domicile, il est donc maintenant prouvé qu’il existe des petites araignées masochistes).

Non, c’est juste qu’on est face à une partition qui se prend pour un mécanisme d’horlogerie. Tous y est écrit compliqué pour tout le monde, mais malgré ça, on est tous censé pouvoir se caler et s’imbriquer dans ce que font les voisins au quart de poil près. Par exemple, ce génial début, avec ses explosions en forme de foutoir incroyable, cette évocation si réussie du bazar de la vie qui s’éveille et part dans tous les sens, et ben en fait je pense que c’est aussi un merveilleux exercice de mathématiques. Et moi, les maths, ça me gratte, ça me rend urticante et piquante : je suis allergique.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Voilà… finalement, cette histoire, c’est un peu comme les langoustines : tu as beau adorer ce qu’il y a à l’intérieur, il faut bien avouer que les décortiquer c’est archi-chiant. Je te jure qu’à force de compter les dièses et les double-croches par paquets de 7 puis 16 puis 5 puis 2 puis 4 etc etc je commence déjà à avoir les gobilles et les neurones qui font des saltos.

Ciel, ça serait quoi si je n’adulais pas cette musique à la folie ??

Heureusement, j’ai trouvé chez Thomas la tentation d’une petite série qui est en train de devenir ma soupape anti pétage-de-durite du moment, en attendant le retour de How I Met Your Big Bang Theory. Je m’accroche à l’attachant Happy Endings comme à une bouée de sauvetage. Pour peu, on en danserait le Jazz-Kwondo !

8 commentaires sur « Une araignée sur le plancher se tricotait des bottes »

  1. Je n’ai pas souvent participé à un enregistrement (une seule fois en fait) et je me suis toujours demandé pourquoi c’était si compliqué d’enregistrer une œuvre. On se fout sous les micros, on règle, on joue comme en concert, et hop rendez-vous au bistrot. Non ?

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    1. Si seulement les oreilles des acheteurs pouvaient accepter les imperfections… moi je préfère de loin la vraie énergie des concerts. Mais techniquement, entre toux, couacs et problèmes d’ensemble dus entre autre aux problèmes de distance, c’est difficilement soluble. Bouhouhou…

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  2. Mais à la fin de la semaine, tu peux répondre à la question : « tu as fait quoi cette semaine ? »
    « – J’ai fait un disque avec Stravinski. »

    Ce qui mérite quelques sacrifices, tu avoueras 😉

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