La daube du dimanche, c’est moi.

Je sais, c’est très prétentieux comme affirmation, mais rassurez-vous : je vous laisse Madame Bovary et surtout Loulou.

Eh oui, aujourd’hui, je vaux zéro, pas un clou. Je me sens comme une sous-bouse. Pas juste déprimée et lassée de la papille parce que mon côlon refuse que j’avale autre chose que du jambon-pâtes-compote-biscotte sous peine de torture spasmodique foudroyante (je connais ses caprices, j’en serai venue à bout dans maximum 12 heures, maintenant). Non, là c’est plutôt la fatigue, la lassitude de la coureuse de fond qui a la ligne d’arrivée à portée de main. Après le concert de jeudi (et j’ai vraiment hâte d’y entendre la performance de soliste des collègues et néanmoins bons amis que nous y accompagnerons) nous serons en vacances, c’est vrai, .

N’empêche, sous-bouse, je te dis, pour une raison que je déteste, en plus : le violon et moi on ne s’entend plus. On s’est trop vus cette année, je ne vois plus que ses défauts et il me sort par les ouïes. D’accord, on a encore eu des beaux moments à Orange, je repense tout spécialement au concert du 11 juillet qui était mémorable. C’est vrai que là, sous les yeux d’environ 7000 ou 8000 personnes (le théâtre n’était pas complet) et aussi sous les objectifs des caméras d’ailleurs, sans pudeur aucune, nous nous sommes tout donné. Qu’il était sensible, réactif, volcanique, coopératif et que mes mains avaient su faire sur son corps des merveilles. Mais là, je crois vraiment qu’il nous faut une pause : je ne joue plus avec lui, je joue contre lui et ne le reconnais plus. Je te prédis que tout à l’heure, mon Eroica n’aura certainement rien de glorieux, et que la 40ème de Mozart aura peu à envier à Massacre à la tronçonneuse. Quelle nullité, quel toucher pourri, quelle dissonance insupportable, je m’apprête d’ailleurs à filer bosser un chouïa avant de partir jouer à Condom, histoire de me dire que je me donne toutes les chances de sauver ne seraient-ce que les apparences aux yeux de la famille.

Car j’ai beau savoir que la raison de cette crise est que nous devons nous laisser un peu avant de nous retrouver progressivement, rien que nous deux, deux bonnes semaines avant de rejoindre tous les autres pour la reprise, je déteste ce sentiment qui me fait baisser les bras. Je n’en peux plus. Mon feu est éteint. Faut-il seulement appeler un Montag pour le rallumer ou tout simplement patienter encore un tout petit peu…

(oui, Mdame Jo, par hasard je suis tombée sur cette jolie page, et j’y ai re-croisé ton gif de lundi dernier)

6 thoughts on “La daube du dimanche, c’est moi.

    1. J’adore qu’on me gronde mal t’à propos quand j’ai le moral dans les chaussettes, ça me fait un bien fou.
      (c’est bon pour cette fois parce que c’est toi, pas d’amende cette fois, allez)

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  1. J’aime quand tu parles de ces sentiments d’amour-agacement, de fusion-rejet… tu le dis bien, tu le ressens bien et tu fais comprendre bien…
    Courage ma chère Tigresse, encore quelques jours, quelques heures 🙂

    Et… tu vas jouer à Condom ? Hinhinhin… 😉

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