L’oeil Kubrick #2

(#jeudiconfession) C’était assez impardonnable et très con, comme lacune, mais le mal est réparé : j’ai enfin vu Barry Lyndon de Kubrick. Et crie pas si fort que « QUOI !!? » : mieux vaut trop tard que n’amasse pas mousse, non ? Bref, oui, hier était une soirée d’automne idéale pour une plongée dans le 18ème siècle, avec plaid, polaire, soupe et Franz Schubert (Franzie chéri, ne me tient pas rigueur de cet enchaînement, merci, bisou). Je sais, ce mouvement dure dix petites minutes, mais on perd beaucoup (vraiment beaucoup) à se contenter du thème énoncé par le violoncelle au début.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Barry Lyndon, c’est donc encore une bande originale bien tricotée, mais c’est surtout trois magnifiques heures de grandeurs et autres et déchéances. Et pas une minute d’ennui ou de décrochage régional (j’avoue que depuis Mort à Venise, je me méfie de moi). Je ne me lance pas ce matin dans une analyse détaillée de mon plaisir. Non, je voulais juste dire que je l’ai revu passer, l’Œil Kubrick.

Certes, il était poudré et perruqué, il avait la bienséance et la retenue d’un garçon de bonne famille. Il était donc moins caricatural et évident (même s’ils sont terriblement marquants) que ses copains. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de le sentir venir, de le reconnaître et de l’attraper au vol, quand sa colère et sa brutalité montent, pendant cette scène-là (personnellement, j’ai crié sous le choc de la violence du premier coup).

Et je me demande encore quel regard est le plus effrayant : celui d’Edmond Barry/Barry Lyndon qui va péter un plomb ? Ou celui de son fils qui de toute évidence se régalerait bien un peu plus longtemps de voir son demi-frère se faire tabasser ?

6 commentaires sur « L’oeil Kubrick #2 »

    1. Tu parles, c’est sorti en 1975 ! Et puis ça risque plus trop de repasser à la télé dans le cadre des soirées ciné : maintenant, les grands classiques diffusés en prime s’appellent Men In black ou Speed.
      (je sais, je sonne comme une vieille conne)(mais ça doit être qu’il y a de ça ;-))

      J'aime

  1. Ce film mérite d’être revu et revu et revu et revu. Pour les cadres, les mvt de caméras, les lumières, les regards, les dialogues, le jeu, les décors, les costumes, les lumières (oui, plusieurs fois RIEN que pour les scènes à la bougie), le rythme, la musique, le silence, la structure narrative, etc. Kubrick est juste un Dieu. Je pense qu’un autodidacte qui n’a jamais rien vu d’autre que du Kubrick, mais qui les as tous vu, pourrait être un excellent réalisateur.

    (ça se sent que je suis fan ?)

    J'aime

    1. C’est ça que j’adore lire chez toi (entre autres) quand tu causes ciné, ce sont toutes ces considérations dites « techniques », celles que moi je prends dans la face comme un grand tout très empirique. Celles que je n’arrive ni à détricoter les unes des autres, ni à analyser avec autant de lucidité…
      Je me lasse peu de ses films, celui-là manquait à mon palmarès, et j’ai vécu (encore) une soirée de grand bonheur avec notre Stanley (tu permets, j’en prends un bout ?)

      J'aime

Un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.