La daube différée du dimanche : Docteur Troie

[ce programme est proposé en différé pour cause de lobotomie surbookée, veuillez nous excuser pour la gène occasionnée]

Dimanche dernier, toute enfiévrée de virus ramollissant, j’ai décidé de ne pas me violenter le neurone. J’ai eu envie de cultiver mon jardin niais. Et va savoir à cause de qui (mais je suis quasiment sûre que c’est la faute à Chouyo, hé hé hé),  mon choix s’est porté sur un péplum moderne : Troie. Oui, j’ai choisi Troie, et pas 300 comme elle le suggérait parce que j’avais peur de ne pas être capable de compter aussi loin (je sais toujours pas compter), et puis aussi parce que je voulais voir Orlando Bloom avec des bouclettes et Brad Pitt en jupette. Oui, parfois, j’aime beaucoup l’idée que je mourrai encore un peu plus bête.

Donc Troie… sang, sueur, poussière et testostérone et… pas grand chose d’autre, en fait. Ou alors si : du comique involontaire à la pelle. Pas juste les calembours à la con qui se bousculaient dans mon cerveau embrumé, du genre « en Thessalie c’est tous des malpropres », hein. Parce qu’il faut l’avouer, le premier gag hilarant de ce film, c’est Brad. Franchement, je sais bien qu’ Achille est un demi-dieu trop fort dans ses muscles et dans son corps, mais bon, normalement il est quand même un peu méditerranéen comme garçon ? Brun et ténébreux et tout ça ? On pourra dire que j’ai des clichés plein la tête, mais trouver un blondinet à petit nez et à mâchoire carrée crédible dans ce rôle, comment dire… c’est un peu comme croire que Frédéric Lefebvre est un grand homme de lettres.

Mais heureusement, il n’est pas seul dans sa blonditude parce qu’on aussi Diane Kruger dans le rôle de Hélène l’hellène.

Honnêtement, le film aurait du s’appeler Achille, parce que tout tourne autour de lui : c’est un vilain méchant teigneux orgueilleux insupportable qui ne respecte même pas la tête des statues divines. La sienne, de tête, on se demande encore comme elle rentre dans son casque, tellement il se la pète. Certes, il est con comme une valise mais on note qu’il arrive quand même à embobiner sa prise de guerre (Briséis) et à la mettre dans son lit (syndrome de Stocholm).

Voilà donc réunis dans cette histoire tout un gang de rois barbus (qui s’avancent, ‘bus qui s’avancent…) prêts à tout pour venger leur soeur/cousin/femme/cheval/frère de beuverie/ours en peluche/j’en passe et des meilleures. Vengeance saignante donc, mais surtout, surtout (et là quand même c’est fort, Homère Simpson a du faire des triple saltos arrière dans sa tombe) quête de postérité et soif de gagner sa place dans la mémoire collective du futur de dans 2000 ans. Voilà une interprétation de cette tragédie qui me laisse pantoise, je crois bien que le scénariste et le réalisateur avaient abusé de la Nouvelle Star au moment de la conception du navet.

Et diantre, j’ai failli oublier la musique : pompeuse, un merveilleux megamix raté de la BO de Peter Gabriel pour la Dernière tentation du Christ de Scorcese, de la bataille sur la glace dans Alexandre Nevski de Prokofiev/Eisenstein et du thème du final de la 5ème de Shostakovitch copié note pour note.

Bref, la peinture donnée dans ce film de la guerre de Troie nous apprend tout de même trois choses essentielles : que quand on est blond et musclé, on trouve toujours quelque chose à mettre dans son pieu, que les grecs dormaient dans des yourtes (ce sont des gars très nature), et que cette ville est donc sans conteste la patrie de l’andouillette depuis la nuit des temps.

Ah si, pardon, je suis vache : le cheval est très joli.

6 thoughts on “La daube différée du dimanche : Docteur Troie

  1. J’aime pas les péplum et surtout ce qui m’horripile c’est que tous ces gens parlent en anglais ! Merde alors qu’à cette époque on parlait latin, grec ancien ou hébreu non (je pense à Charlton-Moïse-Heston qui parle anglais devant la mer Rouge quoi !). C’est pareil pour les films anglo-saxons censés se passer en France pendant la Révolution française ! Merde Marie-Antoinette elle parlait français ou bien (autrichien surtout je crois) ? Oui j’en ai plein comme d’autres comme ça 🙂

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    1. Oui sauf que pour moi les péplum, c’est un peu comme les westerns : des grosses madeleines, et j’adore vraiment ça, normalement. Mais plutôt les vieux des années 50-60.
      Mais je rigole parce que je me rappelle avoir abandonné un vost une fois : pour le Tombeau hindou de Fritz Lang, parce qu’à chaque fois que le prêtre indien ouvrait la bouche en allemand j’étais morte de rire 🙂

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